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 [Terminé] La vraie nature des sentiments (Solo)

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Eliaë Asiniël
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Eliaë Asiniël
Âge : 33
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MessageSujet: [Terminé] La vraie nature des sentiments (Solo)   [Terminé] La vraie nature des sentiments (Solo) EmptyMar 8 Juil 2014 - 4:28


6ème jour d'Afail, 16ème année de l'ère du second souffle

L'académie ouvrait ses portes devant moi. Je regardais ce couloir qui m'avait accueillit de nombreuses fois, pourtant cette fois là je rechignais à y aller. Pourquoi ? Tout simplement parce que je savais ce qui m'attendais. J'avais passé des années, de très nombreuses années à l'utiliser sans réellement m'en rendre compte, à ouvrir le robinet quand il le fallait et à le fermer la plupart du temps pour éviter de ressentir. Je n'avais jamais chercher à comprendre ce don, je n'avais jamais cherché à en faire quelque chose. Seulement je m'étais rendu compte qu'il allait falloir que je comprenne. Je l'avais compris lorsqu'Emar était venu me voir après le service rendu à l'académie. Alors que j'étais persuadé de pouvoir ressortir incognito, il m'avait attrapé par le bras et m'avait expliqué ce qu'il trouvait réellement désopilant. Sa phrase avait été un peu plus cru que cela. En gros il se demandait comment j'avais pu lui cacher ce genre de don, comment j'avais osé le floué de la sorte. Je pouvais le comprendre, entrer dans l'intimité sentimental des gens ce n'était pas quelque chose que je faisais de bon cœur, même si je devais avouer qu'il y avait quand même un sacré avantage dans ce don.

Non en fait, ce qui l'avait énervé c'était que je n'avais jamais osé me confier à lui alors qu'il m'appréciait. Qu'il avait toujours tout fait pour que je me sente à l'aise dans l'académie. Sa fierté en avait prit un coup. J'avais alors du lui faire comprendre pourquoi j'avais décidé de taire cela, pourquoi je fuyais les gens à cause de ce don -pas seulement pour ça, certes mais ça je ne voulais pas lui expliquer, pas encore- il m'avait fallut un nombre de minutes et d'heure finalement conséquente pour lui faire entendre raison et je n'étais pas certaine qu'il ait compris la malaise. Seulement il connaissait ce genre de don, lui était télépathe et s'il ne pouvait pas lire les pensées, il pouvait dialoguer avec les gens ce qui était soit dit en passant très... étrange je devais avouer, enfin pas plus étrange que mon don mais il avait eu une idée. Lorsqu'il avait dit le mot idée, j'avais tout de suite reculé de quelques pas et ne m'était pas enfuis uniquement parce qu'il me tenait par le bras. Encore une fois vous vous demandez probablement pourquoi ? Tout simplement parce que lorsqu'Emar avait une idée, mieux valait être loin de lui, très loin de lui. Soit ça tournait au vinaigre, soit ça devenait rapidement la galère, soit ben ça foirait en beauté et tout le monde en prenait pour son grande. Et sachant que son don et le mien portait beaucoup sur la concentration, j'avais l'impression que son idée n'allait pas me plaire.

Et mon impression fut bonne. Il avait décidé de me donner des cours pour que j'apprenne à maîtriser mon don, enfin surtout à l'accepter. Comme s'il pouvait comprendre ce que je pouvais endurer. Cependant malgré mes réticences j'avais accepté. Pas parce que c'était lui qui le proposait, mais parce qu'il était temps que j'arrête de repousser constamment ce don. Temps que je l'utilise à sa pleine puissance. Temps que je me décide à changer un peu et arrêter de croire que tout sera plus simple. Il serait temps pour moi d'évoluer. Et me voilà, devant le couloir de l'académie. Il ne me restait que quelques minutes, traverser le couloir et commencerait ce que je nommais l'enfer. J'espérais que tout se passerait normalement parce qu'il avait la sale manie de faire des exercices étranges. Bah de toute façon on ne savait jamais ce qui pouvait arriver avec lui donc mieux valait ne pas se prononcer pour l'instant. Je laissais donc mes pas me conduire vers son bureau, l'endroit où je savais qu'il m'attendait. Inutile de frapper à la porte, j'entrais sans plus de cérémonie et alors qu'il était concentré sur sa lecture, je ne voyais pas d'où j'étais le titre du livre je finis par le sortir de sa rêverie.


« Bon Emar quand est-ce qu'on commence. »

Un sourire se figea sur mon visage lorsque je le vis sursauter comme un enfant qu'on prenait sur le fait d'avoir fouillé dans la bonbonnière pour prendre un bonbon.

« Bon sang Eli, t'es complètement cinglé d'entrer comme ça. Tu veux ma mort ? »

« Oh là arrête hein. Tu as seulement deux ans de plus que moi et tu es en parfaite santé. D'ailleurs comment ça se fait qu'ils aient pris un télépathe comme toi comme professeur ? »

« Tout simplement parce que contrairement à toi je sais m'expliquer quand je parle et que je suis capable de faire gérer à ces petits monstres leur pouvoir en leur apprenant la concentration et les sentiments à lier. »

« Mais bien sur. »

Nouveau sourire. Je pouvais me lâcher avec lui je le savais. Être moi-même, ne plus être sur mes gardes. Si je laissais tout de même une certaine barrière entre nous, je savais qu'il ne chercherait pas à profiter de ce que je savais ou alors à tenter quoi que ce soit envers moi. Accord tacite ? Oui peut-être. Mais quoi qu'il arrivait, jamais il n'aurait osé faire quoi que ce soit qui puisse me mettre mal à l'aise et je l'en remerciait énormément pour moi. Surtout qu'à cette époque, je ne laissais personne me toucher. Enfin même encore aujourd'hui, personne ne s'approchait de moi si son attention était quelque peu différente de ce que je trouvais raisonnable. Il fallait dire qu'entre mon passé et mon empathie, la vie était quelque peu compliqué et me cacher ses sentiments étaient totalement impossible.

« Alors tu t'es enfin décidé ? »

Je revins brutalement dans le présent. Je n'avais pas sursauté, mais je voyais dans son sourire narquois qu'il était content de m'avoir fait descendre de mes pensées. Ces pensées, mieux valait que je me concentre sur autre chose, je n'avais pas besoin de repenser à cela. Surtout que récemment j'avais eu un petit souci qui m'avait fait revenir ce cauchemar et qui m'avait en quelque sorte fais un peu exploser devant une personne que je ne connaissais pas mais qui n'avait pas hésité à me soigner. Un sourire fugace passa sur mes lèvres et avant qu'il ne reprenne la parole, ce fut à moi de parler.

« Il est temps tu ne crois pas ? Je pense qu'il faut que j'arrête de repousser ce moment. Certes ce que j'ai pu ressentir grâce à ce don dans mon enfance me l'a fait détesté et je dois avouer  que j'ai toujours du mal, mais je pense qu'il est temps que j'arrête de repousser l'échéance. Je n'arriverais jamais à rien si je laisse mon cœur dicter ce que mon esprit doit faire. »

« Tu sais, je te l'ai déjà dit... »

« Oui je sais, le cœur à ses raisons que la raison ne connaît pas forcément. Seulement ma raison connaît les raisons de mon cœur et il est temps pour moi d'être raisonnable. Je ne suis plus cette gamine effrayé, traumatiser, pleine de coupure et de bleu ainsi que d'os cassés qui a pris des coups durant son enfance. Je suis une jeune femme qui prends des risques et qui se doit de faire en sorte d'avancer au lieu de s'ancrer dans les blessures du passé. »

Je m'arrêtais un instant et repris quasiment instantanément.

« Je ne dis pas que ce sera simple. Je ne te promets pas d'y arriver du premier coup, mais je veux tenter de coup. Je veux y arriver. Ne serait-ce que pour mon métier. Pour ma relation avec les autres, pour que ces cauchemars cessent, pour tout cela, j'ai besoin d'avancer et c'est pour cela que j'accepte ton aide, télépathe. »

Un sourire et finalement ce fut à lui de reprendre la parole.

« Tu as étonnement grandis depuis la fois où on s'est vu tu sais. Je suis content que tu accepte mon aide désormais et je ferais tout pour que cela soit tranquille et compréhensif. Je t'enseignerais tout ce que tu voudras et si jamais ça ne va pas, il ne fait pas hésiter à me le dire, j'arrêterais et nous ferons des pauses. Je refuse de te blesser tu le sais n'est-ce pas. Alors n'hésite pas à dire si quelque chose ne va pas d'accord ? »

J’acquiesçais en silence, le regardant avec le regard doux que je réservais à mon père d'ordinaire. Il avait été comme un frère pour moi, tout au long de cette pseudo-reconstruction dans laquelle je m'étais lancé. Ce passé m'emprisonnait depuis tellement d'année, je n'arrivais pas à m'en défaire mais en en apprenant plus sur mon empathie, je faisais un énorme bon en avant et de cela je pouvais en être fière. Maintenant ne restait qu'à commencer l'entraînement et voir comment je pouvais gérer cela plus efficacement. C'est à ce moment là qu'il reprit la parole.

« Bien Eli, que la leçon commence. »

Le top départ était donné !


[Terminé] La vraie nature des sentiments (Solo) Signa_13
De tous les chemins que j'ai suivis, celui que j'ai pris est sans doute le plus long. Mais je m'y conformerais, parce qu'il me mènera là où je dois me rendre !

Eliaë écrit en #6699ff
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MessageSujet: Re: [Terminé] La vraie nature des sentiments (Solo)   [Terminé] La vraie nature des sentiments (Solo) EmptyMer 16 Juil 2014 - 4:01

Concentration.

C'était le maître mot de tout cela. Se concentrer sur soi d'abord, toujours sur soi au départ, tenter de comprendre, d'apprendre. Quoi ? De soi-même, de ce que l'on pouvait ressentir. Se concentrer non pas sur l'extérieur, mais sur l'intérieur. Calmer sa respiration et plonger dans une profonde transe. Je n'avais jamais été capable de faire cela. Plonger dans une transe qui me pousserait à me souvenir ne me donnait pas réellement envie de le faire. Mais j'avais promis, j'étais venue pour apprendre, je m'étais déplacée pour en finir avec tout ça. Alors je m'exécutais, redoutant ce qui pourrait arriver lorsque ma mémoire déciderait de faire comme si je plongeais dans le sommeil. Crispée, je ne pouvais pas rentrer en transe, ce n'était pas possible. Et pourtant je m'efforçais de le faire. Calmer mes appréhensions était la chose la plus compliqué que je pouvais faire. Parce que je n'étais jamais arriver à dépasser cela. Pourtant je repartis dans ma concentration, poussant mon calme à mon maximum, laissant le reste de côté, repoussant les appréhensions qui ne cessaient de venir se coller dans ma tête et finalement après plusieurs essais j'y arrivais. Calme et détendue, repoussant toute attaque de mes souvenirs, cherchant à me concentrer et à comprendre mon intérieur. On voyait les choses différemment lorsqu'on était en transe. Je ne ressentais plus trop le poids de le mon corps, mais plutôt celui de mon cœur. Cela devait être la même chose avec la tête pour Emar. Je repensais ensuite à ce qu'il m'avait dit, quel était la phrase exact ? Ah oui, avant de comprendre l'extérieur, il faut faire le calme intérieurement. Alors je m'efforçais de faire le calme. Une heure, c'est le temps qu'il me fallut pour arriver à être en accord avec moi-même et puis finalement à relâcher la prise sur ma conscience.

Compréhension.

Seconde phase du processus. Une fois concentrée, une fois que l'ont pouvait passer d'un état à l'autre, une fois que l'on pouvait se concentrer sans avoir à se forcer, venait le temps de la compréhension. D'où venait ces dons ? Qu'est ce qu'ils touchaient exactement ? De quelle manière pouvait-on toucher les autres grâce à lui ? Quelle était la meilleure façon de l'utiliser et quelles limites pouvait-il y avoir ? J'avais probablement certaines réponses à ces questions, tout au moins pour mon empathie, mais je comprenais le fondement profond de la réflexion. Avant d'utiliser un don, mieux valait le comprendre. Mon souci c'est que j'avais usé de ce don étant toute petite, sans me comprendre, sans savoir concrètement ce que cela pourrait m'apporter ou non, si cela était dangereux pour les autres. Oh bien entendu j'avais compris par la suite que ce don n'était pas abrasif au contraire d'être intrusif. Certes, je pouvais rentrer dans le cœur des gens lorsque je le désirais, je pouvais aussi déterrer des sentiments profondément caché dont même eux n'avait pas conscience. Mon don était de celui qui pouvait faire tomber un empire mal utilisé. Après tout quoi de mieux pour faire chanter que de connaître les sentiments profond d'une personne, je le comprenais maintenant que j'avais grandis et évolué. Cependant au delà de tout cela, il y avait la compréhension. Le fait de savoir que si je pouvais reculer et intérioriser ce don, je ne pouvais pas en revanche l'éteindre comme on le ferait avec une bougie. Contrairement à Emar il ne m'était pas possible de ne plus ressentir les sentiments des gens m'entourant. Certains se serait terré chez eux, d'autre en aurait fait des cauchemars, mais moi, ce don m'avait sauvé. Il m'avait permit de voir venir les coups, de sentir lorsqu'il était temps de se mettre en boule. Je n'étais pas morte grâce à lui, je lui devais de la reconnaissance.

Alors je m'efforçais de le comprendre. Je ne savais pas d'où il venait, peu m'importe, mais je savais d'autre chose. Il touchait tous les gens sans exception sans pour autant comme l'anima être capable de toucher les animaux. Je pouvais les toucher d'une manière différente du sens du toucher. Je n'avais pas besoin de m'approcher, poser mon regard sur eux suffisait. Ouvrir mon cœur en grand était largement suffisant pour ensuite prendre en quelque sorte les sentiments des personnes m'entourant. Ce n'était pas comme aspirer, c'était au delà de cela. La personne ne se rendait même pas compte que je pouvais capter ses sentiments et les analyser à volonté. Un sacré avantage en combat quand on savait rester concentré et ne pas se laisser submerger par les émotions, car le plus dur dans ce don, c'était de laissé entrer les flots de sentiments sans pour autant les garder. Il fallait pouvoir le laisser entrer, analyser rapidement et le laisser ressortir. Mais moi, je n'étais jamais arrivé à faire cela. Terrorisé par ce que je pouvais faire je ne faisais que retenir les émotions présente autour de moi. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il était plus simple d'ouvrir son cœur que de le refermer. Il était plus simple d'ouvrir les portes que de les fermer. Tout n'était en vérité qu'une question de volonté. C'était sur cela que je devais travailler. La volonté de laisser passer les émotions et donc par cela même de se faire blesser par elle. Car c'était cela mon plus gros souci. Je me fichais de ressentir les émotions des autres, j'avais juste peur. Une trouille bleu d'être blessé par ses sentiments. Pourquoi avait-il fallut que je naisse avec ce don ? Pourquoi justement celui-là alors que toute ma vie tournait autour des sentiments. Le destin avait réellement un sens de l'humour atroce. Je haussais les épaules, de toute façon tout aurait pu être pire autant faire avec.

Alors je me penchais une nouvelle fois sur les questions qui devait avoir des réponses. Comment utiliser ce don au mieux ? Tout simplement en l'utilisant à bonne escient. Réponse facile s'il en est, mais en réalité c'était bien plus complexe que cela. Quand fallait-il utiliser son empathie ? Lorsque comme moi on cherchait des informations, lorsque comme moi on cherchait un moyen rapidement de s'échapper et savoir ou était exactement les personnes qui me pourchassaient, lorsque comme moi on espérait pouvoir se protéger des coups, lorsque comme moi on essayait de survivre. Voilà pourquoi je l'utilisais, pourquoi je l'avais toujours utilisé. Si je n'étais pas tombé sous les coups de ma tante, c'était uniquement parce que j'avais eu à cœur de survivre. De prouver que je pouvais le faire, de me dire qu'il y avait peut-être mieux pour moi que cette vie de souffrance. Et pourtant, les cicatrices sur mon corps prouvaient à quel point mon enfance avait été dure et compliqué. Les trois quarts venaient de cette époque ou la terreur envahissait chaque jour un peu plus mon être. Je m'étais retranché dans un état qui m'avait fait détesté les relations, qui m'avait fait me méfier de tout le monde. J'étais encore une gamine à cette époque, seulement même maintenant je n'arrivais pas à m'en défaire, trop ancré dans mes souvenirs. Souvenirs qui venait me hanter chaque nuit jusqu'à ce que je ne puisse plus dormir. La vie était réellement mal faite par moment, mais peut-être était-ce cela qui m'avait poussé à devenir celle que j'étais ? Oui, probablement.


Mise en place.

Étape suivante de la maîtrise de ses émotions. Nommer ça la mise en place était quelque peu... prétentieux, mais aucun autre nom ne m'était venu à l'esprit. Cette étape consistait à trouver un moyen d'ouvrir les vannes et de les refermer ensuite. Sachant que pour moi, refermé signifiait ressentir moins loin les émotions, me contenter de celle qui courait autour de moi. Ce don intrusif, pourrais-je un jour fermer totalement le robinet pour ne plus rien ressentir du tout ? Pour arrêter de confondre mes propres sentiments avec ceux des autres ? Je ne le savais pas, mais j'essayais, tant bien que mal. Ouvrir n'était pas compliqué, créer une sorte de passage l'était bien plus. Bien se concentrer de nouveau, faire le calme puis le vide. Ouvrir son cœur. Et finalement laisser filer les sentiments. Je ressentais à ce moment là les sentiments d'Emar, tout ceux qu'il n'avait jamais su que je connaissais. Cette puissance qui émanait de lui et de son don, cette gentillesse qui le faisait être apprécier par tous, cet amour qu'il avait toujours eu pour moi et que je n'avais eu de cesse de repousser. Tout cela, je le ressentais. Mais ces sentiments restaient, ils stagnaient dans mon cœur comme pour l'imprégner de l'essence de la personne. Et finalement, après un temps indéterminable, je réussis à les laisser filer. Dépassant ma peur d'être blessé par ces même sentiments je les relâchais doucement pour qu'il file au dehors de mon cœur.

Retour dans le présent.

Mes yeux s'ouvrirent doucement après une journée de concentration, de rechercher, de réponse. Je venais enfin de trouver le courage de laisser mon esprit et mon cœur faire ce qui leur semblait juste. Une seule émotion persistait dans mon cœur à cet instant. Le soulagement. J'étais soulagé de me dire que je pouvais parfaitement contrôler ces sentiments. Les laisser stagner pour les analyser et les relâcher par la suite. C'était une sensation étrange et grisante. J'étais tellement contente que je laissais Emar me relever et m'enlacer tendrement. Je me souvins alors à un moment de ce qu'il avait ressentit. Je ne pouvais pas lui donner de faux espoirs, je me devais de lui dire ce que moi je ressentais. Finis le temps de la fuite. Finis de laisser tomber et de s'enfuir. Il était temps d'affronter ce qui me faisait toujours autant peur. Les relations et les sentiments qui en découlait. Je me reculais alors doucement. Je pouvais sentir que je le blessais et ça me le faisais aussi. Emar était le seul en qui je pouvais avoir confiance, il était celui qui m'avait poussé toute ma vie à l'académie, celui qui m'avait remis sur pied, mais je ne pouvais que lui offrir mon amitié, ou mon amour fraternel.

« C'est donc ta réponse ? »

« Je suis désolée Emar, mais pour moi tu ne peux pas être ce que tu désire. Je t'aime oui, mais comme un frère. Comme celui qui m'a toujours soutenu et apporté son réconfort et son aide quand j'en avais besoin. Rien qu'à le dire, ça me paraît tellement égoïste que je ne sais même plus ce que je dois dire, mais... »

Il venait de m'arrêter d'un signe de la main.

« Arrête, c'est moi l'égoïste. Si je t'ai aidé au départ c'était parce que tu paraissait plus pitoyable que je l'étais et que les autres ne se moquait plus de moi mais de toi finalement. Au tout début je n'ai fais cela que pour que tu me serve rien d'autre. Tu es plus juste que moi et je ne suis pas certain de pouvoir mériter cet amour fraternel. Au fil du temps tout s'est transformé, j'ai pu voir en toi la femme que tu deviendrais et je me suis dit que peut-être alors tu me verrais autrement. Mais je me rends compte que ce n'était pas ça. Ton destin est ailleurs. »

« Je le savais, tu sais, je connaissais la raison qui t'a poussé vers moi. Le soulagement alors que les autres se moquaient de moi. Mais j'avais subit tellement de violence avant que peu m'importait. Rien ne pouvait me faire plus mal désormais. Alors je les ai laissé faire. La vie est étrange n'est-ce pas ? »

Un sourire tranquille et finalement nous réalisions que nos vies bien que différentes étaient tout de même relié l'une à l'autre. Tel les membres d'une famille nous nous étions toujours soutenu et c'était cela l'important.

« Bien petite sœur, alors la suite c'est l'incursion dans le monde extérieur. Mais je crois que pour aujourd'hui on va aller manger un morceau et se reposer. Tu as l'air au bout du rouleau. »

« J'ai l'impression d'avoir passé ma journée à courir partout. C'est pire que les entraînements que je m'impose pour rester en forme. »

Nous partions à rire tous les deux en nous dirigeant vers la ville pour manger. Demain serait un nouveau jour et j'aurais encore beaucoup de chose à apprendre. Je le savais. J'avais toujours tendance à éviter les foules, mais il était temps que cette tendance cesse. Demain une incursion m’attendait, mais pour le moment, le repos m'appelait.


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MessageSujet: Re: [Terminé] La vraie nature des sentiments (Solo)   [Terminé] La vraie nature des sentiments (Solo) EmptyJeu 31 Juil 2014 - 3:14

Je m'étais une fois de plus levé bien avant l'aube. Les cauchemars m'assaillaient encore comme si tout cela n'était pas seulement qu'un mauvais, comme si tout ne s'était pas encore arrêté. En fait dans mon esprit je savais que cela ne s'était pas encore arrêté, le temps devait faire son office, mais le temps n'arrivait qu'à me faire souvenir et ce n'était pas réellement agréable. Cependant ce n'était pas tant les cauchemars qui m'avaient réveillés mais plutôt cette perspective d'aller dans la foule avec ce don. Je savais qu'il s'agissait de la dernière étape, mais je ne pouvais m'empêcher de penser que ce n'était pas une bonne idée. Si j'avais réussit à maîtriser à peu près hier avec Emar, je n'étais pas certaine que je puisse le refaire aujourd'hui avec tous ses gens qui allaient m'entourer et tout ces sentiments qui flotteraient dans l'air. Panique ? Pas réellement. Peur ? Très probable. J'avais toujours eu peur de ce don même si je l'utilisais. Je ne pouvais pas le brider et c'était cela le gros problème en vérité. Au delà de tous les dons que les autres possédaient il m'était totalement impossible de ne pas ressentir, de fermer le robinet et de n'avoir que mes sentiments. Un frisson me parcourut en repensant à ma dernière tentative de bain de foule. Ça n'avait pas été totalement un fiasco mais pas une réussite non plus. Trop de sentiment concentré me donnait la nausée, une belle migraine et plein de petite chose assez désagréable.

Je m'étais dit au départ qu'il s'agissait d'un coup à prendre, mais plus ça allait et plus j'avais l'impression que c'était pire. En fait je n'avais pas compris que ça ne marcherait pas ainsi. Je secouais la tête pour moi-même et Koonie vint se placer sur mon épaule comme il le faisait toujours. J'étais entrain de préparer le petit déjeuner alors l'animal voulait me montrer ce qu'il désirait pour manger. Je sortis donc un bol de noix de toute sorte, celle dont il raffolait se situait en dessous pour l'embêter un peu, il mit alors la tête la première dans le bol et sortit ses noix préférés en premier. Un rire m'échappa parce que le comique de la scène était réellement amusant. Il avait le don pour me redonner le sourire et aussi pour me réconforter en quelque sorte. Sa présence en elle-même était une source de réconfort dont je ne pourrais plus réellement me passer maintenant. Un sourire s'afficha sur mon visage si fermé d'habitude. Peut-être serait-il temps que je fasse un peu plus confiance aux autres non ? Certains m'avaient prouvés qu'ils en valaient la peine mais les autres dans tout cela ? Dans mon travail je voyais nettement que beaucoup de gens n'étaient que peu fréquentable, mais la vie était ainsi non ? Certains étaient bon tandis que d'autre ne l'était pas. Je le savais parfaitement, depuis ma toute jeune enfance j'avais pu le remarquer. Certains aimaient blesser les autres alors que d'autre cherchaient inexorablement à leur venir en aide.

C'était cette dualité qui faisait de nous ce que nous étions et de ce monde ce qu'il était. J'étais un électron libre dans tout cela, ni bien, ni mal, mais une façon de faire entre les deux. Cherchant la vérité et par cela j'enfreignais souvent ces lois qui étaient édictés pour nous. Oh bien entendu parfois j'avais certains doutes, mais rapidement ma philosophie de vie me revenait en tête. Peu importe les moyens tant que j'arrive à mes fins. Peu importait ce que je devais faire pour obtenir ce pour quoi j'étais venu. Cependant en y repensant bien j'étais tout de un peu loin de cette pensée trop extrémiste. Il était vrai que je m'arrangeais sans souci avec les lois, que je tuais si cela s'avérait nécessaire et surtout si on cherchait à me tuer, mais je n'étais pas du genre à faire cela pour le plaisir. Si la mort n'était pas nécessaire alors je l'évitais. Je possédais encore du bon sens finalement, peut-être trouverais-je un jour quelqu'un qui veuille bien de la fille que j'étais et que je suis devenue. Cette pensée me fit sourire et c'est avec entrain que je rejoignit Emar. La journée n'allait probablement pas être de tout repos, mais peu importait. J'étais prête à en prendre plein la tête si on pouvait dire ça ainsi.


« Salut Eli, alors bien dormi ? »

« On va dire ça comme ça. Et toi ? »

« Comme un bébé. »

Un sourire fraternel entre nous. Je savais bien qu'il cherchait autre chose et si je lui avais dit ne pas pouvoir lui fournir les sentiments qu'il cherchait il n'avait pas abandonné, je le connaissais assez pour savoir qu'il n'abandonnerait jamais réellement en fait.

« Bien, commençons donc notre incursion dans la ville ça tombe bien c'est jour de marché. »

Mes dents grincèrent quelque peu. Jour de marché, cela voulait dire cohue et surtout un immense tas de personne massé sur tous les stands et qui allait probablement mettre à rude épreuve mon cœur. Je fis un peu le vide dans ma tête, ce n'était pas le moment de penser à ce genre de chose. Il fallait surtout penser à gérer ses sentiments comme je l'avais fait hier. Concentration, compréhension ça c'était fait, j'avais compris comment marchait mon don. Restait maintenant à mettre en place ce que j'avais appris hier. C'est donc avec un peu d'appréhension que je suivais Emar dans les rues de Bélin jusqu'à entendre les cris des commerçant qui vantaient leur produits. Mes pas s'arrêtèrent comme si j'étais en panne d'énergie. La peur commençait à s'immiscer doucement dans mon esprit. Serais-je réellement capable de le faire ? Arriverais-je réellement à gérer ce don ? Beaucoup trop de chose dans ma vie dépendait de cet empathie, bien trop d'ailleurs. Autant j'avais réussis à manier la foudre facilement autant mon empathie semblait un sacré problème. Je regardais mes mains criblé de tout petit éclair bleuté. Cette foudre, elle faisait partie de moi, mais l'empathie encore plus. Je la possédais depuis ma naissance. Les petites pattes de Koonie se posèrent sur mon cou et m'apportèrent la fraîcheur dont j'avais besoin et qui me revigora. Je levais la tête pour voir Emar qui m'attendait. Son inquiétude était touchante.

« Tu es certaine que ça va aller ? »

« Oui, c'est bon allons-y. »

Et nous nous immergeâmes dans la foule. Je ne m'étais pas trompé en me disant que ce serait réellement la galère. Les sentiments m'assaillaient de toute part, comme s'ils savaient que j'étais un réceptacle viable. Ils s'accrochaient à moi tel une feuille s'accrochant à sa branche alors qu'une tempête fait rage. Ma panique remonta un peu en flèche, il y avait trop de sentiments, bien trop, comment allais-je y arriver ? Pourquoi fallait-il que les gens ressentent autant de chose. Et finalement mon esprit se remit à tourner dans le bon sens. J'étais venue ici pour changer, pour évoluer, pour apprendre, il fallait que j'arrête de penser négativement. Ce don j'avais décidé de m'en servir, j'avais décidé d'en parler à la seule personne qui ne me regarderait pas de manière dégoûté. Je pris donc mon courage à deux mains et finalement tentais de refaire ce que j'avais fait hier. Les minutes passèrent et je n'arrivais à rien. Les sentiments s'entassaient dans mon cœur et ne sortaient pas comme s'il se sentait bien là où ils étaient. Je sentais la nausée commencer à monter et Emar dû le voir car il me proposa de repartir. Je le repoussais tranquillement. J'en avais marre de fuir, marre de tout ça, marre de ne pas pouvoir contrôler un minimum ce don. D'accord je ne pouvais pas cesser de ressentir, mais il était hors de question que je ne puisse pas laisser couler ses sentiments pour marcher dans une foule sans problème. Pour moi, pour mon travail, pour tout ceux que je devais aider, il fallait que ça fonctionne et pour cela je devais encore essayé.

Concentration, arrête de te poser des questions, vide ton esprit et au lieu de garder ses sentiments, au lieu de te figer, de fermer ton esprit et ton corps relâche les. Relâche toi ! Mais bien sur c'était cela. Lorsque je sortais je contractais inexorablement mon corps par peur de ces sentiments. Il fallait que je me détende. Il n'y avait pas de souci, pas de problème. J'étais celle que j'étais et personne ne pouvait se rendre compte de celle que j'étais, de ce que j'étais capable de faire dans le silence. Ce don intrusif, personne ne pouvait me le reprocher s'ils ne savaient pas que je l'avais. C'était cela le gros du problème. Accepter le fait que j'avais ce don. Accepter le fait que je pouvais tout ressentir sans que personne ne s'en rendent compte. Accepter les bons et les mauvais sentiments, car comme la dualité bien/mal, il y en aurait toujours. Je me rendais compte de ce qui m'avais empêcher d'avancer toute ma vie et au fur et à mesure de ma réflexion, mon corps se détendit, je finis pratiquement par grandir de quelques centimètres et comme je m'y attendais, la petite vanne de mon cœur s'ouvrit doucement pour laisser passer les sentiments. Ils entraient certes mais ressortaient quasiment aussi rapidement. Je me redressais, la main sur mon estomac le quitta et se posa sur mon côté.


« Tu as réussis. »

Je me retournais pour voir Emar avec un grand sourire.

« Oui, j'ai enfin compris ce qui n'allais pas. J'ai compris pourquoi ça ne pouvait pas fonctionner. Grâce à toi ! Merci beaucoup Emar. »

« Tu l'aurais compris plus tôt si tu t'étais penché sur le problème au lieu de te pencher sur le fait que tu était une intruse dans le cœur des autres. »

« Plus facile à dire qu'à faire. »

Un rire nous échappa à tous les deux et les marchands alentour nous sourirent tranquillement. La délivrance, la liberté. Je venais enfin de comprendre comment faire pour ne plus être assaillis par ce don et je devais avouer que cela faisait un bien fou.

« Allez viens je te paye à dîner. Tu en pense quoi ? »

« Je pense que c'est acceptable, allons dîner ! »

Nouveau sourire. La vie allait probablement être différente maintenant. J'allais pouvoir avancer avec un souci de moins en tête. Ce n'était pas si mal après tout, pas mal du tout même !


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De tous les chemins que j'ai suivis, celui que j'ai pris est sans doute le plus long. Mais je m'y conformerais, parce qu'il me mènera là où je dois me rendre !

Eliaë écrit en #6699ff
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