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 Le Procès d'un Oiseau de Proie

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Zéphira Delsola
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MessageSujet: Le Procès d'un Oiseau de Proie   Le Procès d'un Oiseau de Proie EmptyLun 12 Mai 2014 - 14:59


Le Procès d'un Oiseau de Proie
Eramos d'Irifuse et Zéphira.

― « Oh ! J'y pense, fit Maître Hilas en portant le pain devant son menton Les meurtres odieux des nobles de notre belle ville vont sans doute être divisés de moitié. il mâcha, avala promptement et continua. N'est-ce pas là une bonne nouvelle, Mademoiselle ?
Quel est donc ce remède miracle dont vous semblez si fier ? répondit Zéphira un rire dans la voix, sans lâcher la nourriture qu'elle tenait des yeux.
Sir Thyméon affirme que ses hommes ont capturé un des coupables. la malice emplit ses prunelles fatiguées. Pour ne pas dire le coupable... Figurez-vous qu'il s'agit de ce fameux "Cœur d'Aigle", les gardes ont réussi à lui mettre les fers. Cela doit bien faire une dizaine de jours qu'il occupe une des cellules du Château. ; La Reine faillit rater sa bouche.
Cœur d'Aigle ?! Vous êtes sûr ?
Feu votre Père l'a fait traqué durant des années, tant et si bien que même le Duc Flarand de Soleigm a mis sa tête à prix. il prit cet air satisfait de précepteur. Je ne l'ai pas vu de mes yeux mais je suis certain d'une chose : Sir Thyméon ne nous aurait jamais dit qu'il s'agissait de Cœur d'Aigle si ce n'était pas le cas. »


Zéphira et Maître Hilas étaient bien à l'abri de la faim qui devait torturer l'estomac de leur prisonnier de marque. S'il avait demandé à la voir, la Reine n'en avait pas été informée, peut-être était-ce là une manière de le punir davantage, en soi retarder la pendaison constituait plus un acte de torture que de compassion. De plus ce n'était pas la Garde Royale qui était chargée de ces tâches ingrates mais des soldats de seconde main. Il s'avéra que Zéphira n'attendit pas que cette information vînt à ses oreilles par la volonté du saint esprit et qu'elle s'enquit d'organiser le procès de Cœur d'Aigle.
Tous ses Conseillers étaient formels : même couper les deux mains et les deux pieds de ce bandit de grand chemin ne servirait à rien, ce qui était dangereux chez cet individu était davantage son cerveau que ses lames ― et ce bien que l'un comme l'autre eût été aussi aiguisé. La pendaison était au bord de toutes les lèvres. "En faire un exemple" était le maître mot, le procès n'aurait de procès que le nom... L'accusé était un criminel. Point final. Le protocole qui voulait que l'accusé puisse choisir les personnes le défendant n'avait aucun sens car Cœur d'Aigle n'aurait fait que demander l'aide de coquins et de filous prompts aux mensonges, ses témoins n'auraient aucune valeur alors autant s'épargner cette peine.

A partir de cette conversation anodine pendant un déjeuner, deux jours s'écoulèrent, ce qui était relativement peu compte tenu du fait qu'un procès moyen mettait environ une à deux semaines pour se mettre en place. Nul doute que le manque de témoins et le nombre incalculable de crimes dont était accusé le Chef de la Confrérie jouèrent un rôle essentiel dans la rapidité de l'organisation de ce jugement.
Pas une seule fois Zéphira ne s'était demandée comment se passait le quotidien d'un prisonnier. Elle avait certes évoqué clairement ses positions quant aux traitements des criminels : innocents jusqu'à preuve du contraire. Mais dans les faits la vérité était bien différente de ce qu'imaginait la Reine de Bélin. Qu'il eût été innocent ou coupable, le captif se retrouvait accroché à des murs humides dans des pièces dépourvues de lumière. Les rares visites qui leur étaient rendues n'avaient pour but que de les maintenir en vie en les nourrissant de pains et d'eau, suffisamment pour manger mais certes pas assez pour qu'ils eussent été rassasiés.

Près de deux semaines après sa capture, deux gardes royaux vinrent chercher Cœur d'Aigle dans sa cellule. Dépossédé de tous ses biens, seuls ses habits avaient échappé au saisi et lorsqu'il atteint la grand-salle où se tiendrait son procès ce fut un homme affaibli mais non moins fier qui se tenait devant Zéphira et ses Conseillers. Elle ignorait si le teint brillant de l'accusé était davantage dû à la sueur de s'être débattu ou à l'humidité du mur qui avait tenté de conquérir son visage, son regard empli de compassion trahissait son masque d'impartialité qu'elle devait revêtir en ce genre de circonstances. Personne ne ressortait réellement indemne d'un séjour dans les cachots pourtant, tout comme on pouvait aisément deviner la peine de Zéphira, elle devinait une force de caractère hors du commun chez Eramos. Debout, à quelques mètres en face de l'accusé, la Reine et l'ensemble de ses Conseillers formaient une ligne courbée, l'un d'eux prit la parole.


― « Eramos d'Irifuse. sa voix portait et résonnait entre les murs. Vous êtes accusé d'avoir commis ou commandité une grande majorité des vols ayant eu lieu dans la Haute-Ville, d'avoir commis ou commandité des meurtres de plusieurs nobles et citoyens. il prit une inspiration ennuyée, les chefs d'accusations n'en finissaient pas. Tout cela sous le patronyme de "Cœur d'Aigle", qui n'est autre que le chef d'un groupe de voleurs et de truands sévissant, majoritairement, dans la Basse-Ville et répondant au nom de la "Confrérie des Rapaces". Cette association de malfaiteurs se trouvant elle-même impliquée dans nombre de délits dans tout le Comté de Bélin. une pause protocolaire, puis il reprit. Niez-vous votre implication dans l'organisation que vous dirigez ? »


La question était scandaleuse, rien que dans sa formulation elle le condamnait Cœur d'Aigle. Pourtant elle n'en restait pas moins officielle. La justice avait le don de tourner ses propres discours de façon à ce qu'ils eussent été en sa faveur.
Zéphira demeurait silencieuse. Eramos ferait-il en sorte que sa parole soit entendue ? Se doutait-il que sa requête n'avait jamais été transmise à sa Reine ?... S'il voulait parler mieux valait qu'il le fasse avant que sa gorge ne se retrouve autour d'une corde sur la place d'Hydrasil.


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Eramos d'Irifuse
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MessageSujet: Re: Le Procès d'un Oiseau de Proie   Le Procès d'un Oiseau de Proie EmptyDim 25 Mai 2014 - 15:46

Cela avait été une journée des plus banales dans la vie des habitants de la cité d’argent. La saison de la floraison était maintenant bien entamée et la chaleur prenait tranquillement place au temps plus clément des derniers mois; ce qui n’était pas pour déplaire à grand monde. Les marchands avaient installés leurs étales à l'extérieur, remplissant d’acheteurs potentiels la place publique à sa capacité maximale. Le sourire était sur les lèvres des différentes races composant les citoyens ; la satisfaction était au rendez-vous.

Un autre genre de rendez-vous prenait place à l’autre bout d’Hydrasil, dans les sombres ruelles de la Basse-Ville, ses habitants s’étaient rassemblé autour d’un bâtiment à deux étages qu'ils savaient être le Nid, quartier général de la Confrérie des rapaces. Cette faction, qui les protégeaient, leur avait toujours semblé intouchable, invulnérable, mais les plus fervents adorateurs des causes que défendait les Aigles découvraient le désespoir : la garde royale était entrée dans le bâtiment sombre et le silence régnait, pesant. Une barrière vivante avait été érigée par les chevaliers haut-gradés de la cité pour empêcher quiconque d’interférer dans leurs affaires, mais cela n’empêcha pas une grande partie de la population du quartier le plus malfamé d’Hydrasil d’être présent de corps et d’âme, compatissants pour les seules personnes ayant jamais osé les protéger de la négligence de Bélin à leur égard.

Leurs craintes furent concrétisées lorsque la grande porte s’ouvrit de nouveau en révélant Cœur d’aigle, le mentor, poings liés et flanqué de deux chevaliers l’escortant. Le vieil homme était calme et n’était apparemment pas blessé, signe qu'il n’avait pas résisté à son arrestation. La colère et la tristesse se lisaient sur le visage des pauvres citoyens de la Basse-Ville. Toutefois, c’est un silence respectueux qui plana sur la dense assemblée ; il n’eut aucun débordement. La Confrérie avait toujours agit dans la paix et ceux qui rejoignaient leur idées semblaient avoir bien appris d’eux.

Eramos sourit devant cette scène surréaliste. Combien de fois la cité d’argent avait-elle usée de ce genre de spectacle, ce procès publique, pour faire subir la honte sur le présumé fautif. Heureusement, les citoyens de la Basse-Ville faisaient preuve de plus de sagesse et de respect que la capitale de Bélin elle-même –cette bannière de liberté. À travers la foule, le vieil homme distinguait des visages familiers, des confrères et consœurs couverts d’un capuchon pour ne pas se faire reconnaitre. À chacun il sourit légèrement, mais pas par cynisme, ils le savaient. Eramos ne se laissait pas atteindre par les actions des chevaliers sur sa personne et il espérait que tous – Aigles et Bassevillois- suivraient son exemple.

Son regard se porta alors, tandis qu'il se faisait transporter à-travers la rue principale, vers le chef des opérations de cette mission : Sir Berwyn, garde royale. Il le connaissait comme un homme droit au cœur juste et, en quelque sorte, il était heureux que ce soit lui qui préside son arrestation. Leurs yeux se rencontrèrent longuement, un silence solennel s’installant. Celui-ci était cependant involontaire car Andreas Berwyn était en fait plongé dans ses pensées, recherchant les motifs qui guidaient les actes de l’homme devant lui et Eramos l’avait compris parfaitement car il portait souvent ce même regard sur les autres; un regard à la fois prudent et ouvert qui démontrait une puissante pensée critique.  

- Eramos d’Irifuse, je vous arrête, et ce pour ces motifs : voie de fait, vol qualifié, complot contre l’état, incitation à la rébellion et meurtre. Le silence est d’or en de telle circonstance, le briser pourrait ajouter des motifs à ceux déjà intentés contre votre personne. Comprenez-vous ce pourquoi vous êtes accusé, monsieur d’Irifuse ?

Une nouvelle fois le regard des deux hommes s’heurtèrent. Eramos ne cilla pas, il soupçonnait sa cause perdue d’avance et il savait qu'il encourait très certainement la mort. Pourtant son courage ne flancha pas. Il dédiait sa vie à ses idéaux; sauver Asmael –le réel coupable du meurtre qu'avait été témoin Brenwyn- en faisait partie. La vie de l’adolescent avait été emplie de haine et de malheur et pourtant Eramos avait senti chez lui un bon fond et rarement il se trompait en analysant autrui. Il espérait seulement que de le sauver de la potence lui donnerait la chance de recommencer à zéro; il valait mieux que ce soit lui qui ait la corde au cou.

Il soupçonnait cependant certains nobles d’Hydrasil comme étroitement liés à son arrestation. Ceux-ci reconnaissaient Cœur d’aigle comme un grand danger pour leurs activités illégales qui et contrevenaient à la liberté du peuple de la cité d’argent et en particulier celui de la Basse-Ville. Il se jura alors de connaitre la vérité avant de mourir. La flamme qui passa dans son regard devenu vert vif fit comprendre à Brenwyn quel niveau de ferveur pouvait détenir son interlocuteur.

- Je comprendrai bien assez tôt.

Il était audacieux, voire téméraire de répondre ainsi à la formule d’usage de l’accusation car une autre image de la loi que le capitaine Berwyn l’aurait certainement vu comme un menace, mais heureusement il n’en fut rien. Se contentant d’hocher la tête brièvement, le garde royale ordonna au cortège de chevaliers d’escorter l’accusé jusqu'au château par les rues secondaires de la cité; là où il n’aurait pas à recevoir les insultes et les regards réprobateurs des citoyens en colère, prompt à trouver en Cœur d’aigle un bouc émissaire à leurs problèmes. Lorsqu'il se fit approcher pour se faire demander pourquoi il agissait ainsi, Andreas Berwyn répondit au chevalier à l’air déçu qui n’avait jamais humilié qui que ce soit –ami ou ennemi- de sa vie et qu'il ne commencerait pas aujourd'hui. La vraie raison était cependant différente. Il ressentait un profond respect pour cet homme surnommé Cœur d’aigle qui l’avait sauvé lui des flammes il y avait plusieurs années. Ce même homme qui l’avait poussé à revêtir l’armure des gardes royaux.


La prison d'Hydrasil avait la réputation d’être la plus ''humaine'' parmi le système carcéral d’Ildirith. La plupart des criminels recevaient trois repas par jour et pouvaient même sortir à l’air libre sous haute surveillance. Cependant, Eramos savait qu'il ne pourrait pas jouir de telles commodités. Il était l’ennemi déclaré numéro un de la cité et la personne qui avait poussé les hommes de loi à l’emprisonner ne souhaitait certainement pas à ce qu'il sorte un jour des geôles, quitte à y mourir rapidement. Le vieil homme n’était plus du ressort du capitaine Berwyn et même si celui-ci avait insisté pour qu'il soit toujours sous sa charge en usant de son haut rang, on lui refusa sa demande. Cœur d’aigle était maintenant l’affaire des hautes intendances.

Les premiers jours, il fut battu par les gardiens de prison heureux de pouvoir se défouler sur un personnage si craint par la majorité. Insulté, humilié et mutilé, on le faisait souffrir milles et un maux au nom de la justice; c’est ce qu'il méritait disaient-ils. Puis, on le priva de nourriture et on rationna son eau au strict minimum. Malgré tout cela, Eramos ne perdit pas sa dignité; jamais il ne supplia ou ne se plaint; encaissant chaque coup et chaque insulte stoïquement. Cependant, il sentait la folie le regagner, son alter-égo maléfique, celui qui avait tué tant d’hommes pour de l’or et la vengeance refaisait tranquillement surface, jouissant des maux que recevait son hôte dont l’esprit faiblissait de jour en jour. Eramos avait du mal à se rappeler pourquoi il acceptait cette violence, pour quel but, mais à chaque fois que son esprit flanchait, l’image de sa défunte femme lui revenait en tête; Maëlia. Elle lui donnait du courage et lui rappelait l’importance de ses idéaux qui le dépassait en tant que simple individu. Alors, il réussissait à oublier sa souffrance et à survivre une autre journée.

Ce matin-là (ou était-ce la nuit ?) Eramos fut réveillé par le grincement des gonds de sa cellule. Il avait entendu au moins quatre hommes entrer, mais il put en être sur car il était trop faible pour soulever la tête, l’engourdissement dut à être accroché au mur pendant des jours l’empêchant de bouger le moindre petit orteil.

Il reconnut la voix du capitaine Berwyn parmi eux.

- Par les diables de l’Outre-monde, que lui avez-vous donc fait, gardiens ?

Son ton était coléreux, voire haineux. Un homme aussi honorable qu’Andreas ne pouvait concevoir qu'on puisse traiter un homme de la sorte, quels que soient ses crimes.

- C’est pas d’notre faute, capitaine. Le gars ‘y voulait pas manger ! On était pas pour le lui mâcher.

Le rire des autres gardiens se répercutèrent sur les murs de pierre de la cellule, amplifiant le son de façon maléfique.

- Je verrai à ce que vous soyez jugés pour vos actes, gardiens.

Eramos réussit à relever sa tête péniblement, croisant le regard du garde royal.

- Ils auront une promotion.

Le maître des clés s’avança promptement vers le prisonnier, un air outré sur son visage gras d’humidité. Il lui envoya un violent coup dans l’abdomen qu'il accepta encore une fois stoïquement, trop faible pour même expulser l’air de ses poumons.

- Ne lève pas les yeux sur un garde royal, l’moineau.

- Ça suffit ! Détachez-le. J’espère pour vous qu’il peut marcher jusqu’à la tribune.

Sur ce, Berwyn quitta prestement la cellule, bien décidé à décrire la scène dont il avait été témoin à ses supérieurs.

Le maître des clés détacha Eramos et le laissa s’affaler par terre en riant. Il le laissèrent étendu au sol quelques minutes, puis se décidèrent à le relever, mais contre toutes attente le vieil homme se porta de lui-même, son regard de feu plongeant dans celui des geôliers, un peu moins surs d'eux tout à coup. Marchant vers la sortie de sa cage, Eramos entendit le maître des clés lui susurrer une dernière réplique à l’oreille, faisant durer la torture jusqu'à la dernière seconde.

- Tu vas mourir, l’moineau.


- Eramos d'Irifuse. Vous êtes accusé d'avoir commis ou commandité une grande majorité des vols ayant eu lieu dans la Haute-Ville, d'avoir commis ou commandité des meurtres de plusieurs nobles et citoyens. Tout cela sous le patronyme de "Cœur d'Aigle", qui n'est autre que le chef d'un groupe de voleurs et de truands sévissant, majoritairement, dans la Basse-Ville et répondant au nom de la "Confrérie des Rapaces". Cette association de malfaiteurs se trouvant elle-même impliquée dans nombre de délits dans tout le Comté de Bélin. Niez-vous votre implication dans l'organisation que vous dirigez ?

Son regard émeraude se promena d’une personne à une autre, s’arrêta momentanément sur chacun pour se terminer vers la régente du royaume. Il l’avait vu au début de son règne il y avait plusieurs années et aujourd’hui il était indéniable qu'elle faisait une bonne dirigeante. Une lueur de compassion passa dans son regard pendant qu'elle le regardait; il en fut étonné. Ne voyait-elle pas le tueur de nobles devant elle ? Ne voyait-elle pas le monstre de la cité d’argent ?

Pour toutes réponses Eramos s’avança vers la reine du mieux qu'il le put, étant pieds et poings liés. Des regards soucieux commençaient à s’alarmer et des gardes royaux se dirigeaient maintenant vers lui, mais avant qu'ils ne puissent l’interpeller physiquement, Eramos posa genou à terre et s’inclina à la façon des chevaliers devant la reine, maintenant à quelques mètres d’elle. Les gardes royaux s’arrêtèrent tout prêt de lui, maintenant plus prudents que jamais. Sans relever la tête, Eramos s’adressa d’un ton posé à Zéphira sans répondre à la question du noble.

- Pardonnez ce contretemps, dame Delsola, j’aurais aimé vous parler plus rapidement et dans d’autres circonstances, mais un homme de ma réputation ne peut vous approcher facilement. Ce que j’ai à discuter avec vous est d’importance capitale et il en va de la sécurité de la cité.

Les nobles et gardes étaient étonnés et choqués d’une telle demande. Eramos le sentit.

- Je consens que cette demande est inusité, cependant, je ne serais pas devant vous si ce n’était pas des plus urgents. Consentez à m’entendre quelques instants et après vous pourrez continuer vos ''formalités''. Vous n’avez qu'à prendre cette requête comme ma dernière volonté.

Visage toujours contre terre, Eramos attendit la réponse de la Dame d’argent.
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MessageSujet: Re: Le Procès d'un Oiseau de Proie   Le Procès d'un Oiseau de Proie EmptySam 7 Juin 2014 - 16:43


 
Le Procès d'un Oiseau de Proie
Eramos d'Irifuse et Zéphira.

 
Etait-ce de la peur ou de la prudence que d'esquisser un mouvement de recul face à l'avancée de Cœur d'Aigle ?... Il était clair qu'elle se méfiait de lui autant que les autres pourtant elle avait été la seule à mettre un pied en arrière, les autres, eux, n'avaient pas bougés. Zéphira était née avec cette cible dans le dos, la méfiance elle l'avait apprise à ses dépends en bien des occasions et, heureusement, toujours théoriques. Aslak l'avait mise en garde plus d'une fois dans des scènes montées de toutes pièces où il incarnait un potentiel filou, tant et si bien qu'il était parvenu à lui transmettre sa tendance à se méfier de tout et de rien. Seule point positif dans son malheur : elle avait certes appris à se méfier d'autrui mais elle avait également su rester elle-même.
A la demande d'Eramos, quelques murmures inquiets et scandalisés virevoltèrent dans l'immense salle. La Reine quant à elle ne put rien n'entendre, si ce n'était un entremêlement de sons à demi-tus. Mais l'Aigle n'était pas l'égal de ceux qu'il était censé gouverner, le roi des voleurs montra son intelligence en se reprenant immédiatement. Les murmurent s'étaient éteints, à présent un incroyable silence planait au-dessus d'eux.

― « Nos "formalités"... reprit l'un des Conseillers, excédé par tant de désinvolture malgré son bon parler. Il tourna la tête et désengagea la Reine. Vous n'êtes en rien obligée d'accepter ces termes, votre Majesté.
Il n'essaye même pas de se défendre.
A quoi bon, mon cher, les preuves sont irréfutables.
Est-il d'un quelconque intérêt d'écouter les affabulations d'un condamné ?...
Habile tentative d'éviter la corde, de toute évidence. quelques rires poudreux de noblesse s'échappèrent. Très vite, malgré leur position, les membres du Conseil devinrent aussi bruyants que des marchands sur une place de marché.
Maître Hilas, s'il vous plaît.
Silence ! sa voix s'était faite aussi portante qu'un rugissement, le calme revint subitement. Zéphira le remercia d'un bref signe de la tête.
Eramos, je consens à écouter vos dernières volontés. un des Conseillers se pencha respectueuse et interpella la Reine.
Sa Majesté est trop bonne, mais je doute que cette requête soit sans condition. Pourquoi diable donnerait-il la moindre information sans demander quoi que ce soit en retour ?...
Je ne souhaite guère perdre plus de temps. fit-elle pour clore le débat. Parlez, Eramos. »


Zéphira n'était pas dupe. Elle ignorait ce qui pouvait se dérouler dans l'esprit d'un condamné à mort, tout comme elle ignorait quel pouvait être le cheminement de l'esprit d'un voleur. Aslak lui avait maintes fois répété que seul le statut de la personne permettait de transformer un mensonge en politique et, dans quelques cas, elle pouvait lui donner raison. Si les truands ne mentaient pas alors il suffirait d'un bon samaritain posant une misérable question : "Êtes-vous voleurs ?" pour les envoyer à la potence, or le mensonge était précisément ce qui les rendait difficiles à attraper. Ainsi, il était fort probable qu'Eramos ne souhaite prendre la parole que pour semer le doute.


 
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MessageSujet: Re: Le Procès d'un Oiseau de Proie   Le Procès d'un Oiseau de Proie EmptyMer 11 Juin 2014 - 11:22

Le mouvement de recul de la reine n'échappa au vieil homme avisé lorsqu'il s'était approché. Il éveillait certainement une prudence chez elle en agissant de la sorte. Cependant, ce n'était pas son esprit qui lui dictait ses actes cette fois; son cœur était peut-être responsable de ce malaise, mais il le savait sincère.

Les conseillers se mirent à bavasser, mêlant railleries et insultes à son propos. Eramos n'était pas sans remarquer l'ironie de la situation; les nobles l'accusait d'être le mal en leur terre et pourtant c'était eux -les imminents piliers de la justice- qui usaient de moquerie. Le vieil homme écouta stoïquement les rires gras de ses accusateurs. Il aurait pu tuer le plus près de lui à ce moment, il n'avait pas besoin d'arme: sauter vers sa personne et l'étrangler de ses chaînes auraient pu être facile. Après tout, combien d'hommes avait-il tué ? Combien de litres de sang avaient entachés ses mains ? Non il n'était plus cet d'homme; c'est du moins l'idée qu'il tentait d'avoir de lui-même: un homme sur la voie de la rédemption et c'était peut-être aujourd'hui qu'il allait atteindre son but.

Litrish en serait seul juge.

―  Eramos, je consens à écouter vos dernières volontés.

Relevant la tête, Cœur d'aigle chercha à croiser le regard de la reine. Il sourit sereinement, fier du déroulement des évènement. Il ressentait une certaine fierté à entendre ces mots de la part de Zéphira Première. Ses espoirs en la bienveillance de la régente étaient fondés.

―  Parlez, Eramos.

Il se releva péniblement et se tint aussi fièrement que possible devant le symbole de la justice en Hydrasil. Relevant le menton, il soutint le regard de la jeune femme en faisant abstraction des autres, si bien qu'il s'écoule une longue minute avant que quinconce ne prenne la parole.

Auriez-vous perdu votre langue ? Sa Majesté attend une réponse.

Le noble regretta ses paroles au moment où les yeux de son interlocuteur percuta les siens. Il était en possession de pouvoir sur cet individu enchainé et pourtant il avait la douloureuse impression d'être minuscule en sa présence, comme si d'une simple pensée il aurait pu le terrasser.

Le regard du mentor s'adoucit pour revenir à Zéphira.

Merci. Votre compassion vous honore.

Il laissa un silence s'insinuer. Le calme de son ton mélangé au son fluide de la voix d'Eramos lui donnait un air sage.

Cela fait maintenant dix ans que je vis dans le quartier surnommé par vos gens comme étant la Basse-Ville. Lorsque j'ai vu pour la première fois ces femmes, enfants et hommes tenter de survivre dans cet endroit infâme et inhumain, j'ai eu pitié d'eux. À ce moment de ma vie, je croyais être l'âme la plus perdue d'entre toutes, mais mon arrogance et mon égoïsme n'avait d'égal que que la pitié que je ressentait envers ces êtres.

Alors j'ai décidé d'observer pendant un temps. Hydrasil n'était pour moi qu'une étape de mon voyage et à ce moment je ne comptai pas m'y installer. Cependant, je devenais curieux. Ces personnes en détresse, ces Bassevillois allaient très certainement recevoir l'aide du gouvernement en place. Peut-être en recevant des vivres et des vêtements ou du moins allaient-ils recevoir l'aide de la cité d'argent pour libérer les rues des malfrats qui les opprimaient.


Eramos fixa son regard inquisiteur sur l'assemblée.

En un mois, pas une seule sentinelle n'est venue. Pas une seul pain n'a été donné et aucun regard extérieur ne s'est porté sur cette partie de la cité qu'est la vôtre.

Alors, si personne ne faisait rien, si aucun chevalier ou prêtre ne portait aide à la Basse-Ville, quel espoir y avait-il pour eux ? Qui les protégerait ? Moi ? Un assassin et un chasseur de primes ? Il allait falloir que ce soit eux et en matière de survie je m'y connais, croyez-moi.


Un sourire narquois apparu sur les lèvres craquelées par la soif de Cœur d'aigle.

Or, ne vous faites aucune illusion. Regardez-vous tous et dites-moi que ce n'est pas mon procès que nous faisons, mais le vôtre.

L'un des nobles, un homme bien battit avec un visage déformé par la colère se leva d'un bond en se dirigeant vers cet homme qui avait osé l'insulté.

J'en ai assez entendu, je vais t'arracher le cœur.

Il s'élança promptement vers lui, dague à la main, mais avant qu'aucun chevalier n'ait plus réagir, le coup était donné...

Et contre-carré.

Effectuant une esquive rapide, Eramos désarma le noble et s'empara de son couteau. Son poignet cassé, il cessa de geindre en remarquant sa propre lame enfouit dans sa bouche, pressée contre sa joue; il n'osa plus bougé. Les chevaliers s'apprêtèrent à stopper le vieil homme, mais voyant que celui-ci resserrait son emprise, ils s'arrêtèrent, tenu en respect par sa menace. Eramos regarda Zéphira, visiblement stoïque vis-à-vis la situation.

Si votre Majesté consent à ce que je continue... ?
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